LE PÈRE DEHON, AUJOURD’HUI ET NOUS

INTRODUCTION

Le Père Jean Léon DEHON était un prêtre catholique de nationalité française. Né le 14 mars 1843 à la Capelle d’une famille riche terrien spécialisée dans l’élevage des chevaux de course, il reçoit son premier sacrement d’initiation chrétienne le 24 mars de la même année, et pas plus tard, la première communion et la confirmation. Influencé par sa maman dont la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus est immense, il ressent très tôt le désir ardent de se consacrer au Seigneur comme prêtre. Lequel désir sera tonifié et attisé le jour de son baptême, qui coïncide parfaitement avec la fête de l’annonciation, par ces termes : « Ecce Venio », c’est-à-dire « Me voici, je viens faire ta volonté ». En effet, cette expression dont le Père Dehon en a fait sa devise, son credo, son leitmotiv exprimait la volonté du Christ à se consacrer entièrement au Père. Ainsi, plus tard, après sa brillante carrière d’étude qui s’est couronnée par un doctorat en droit civil, il intègre le Séminaire français de Rome en qualité de séminariste en dépit de la désapprobation de son papa. Le 19 décembre 1868, il est ordonné prêtre à la basilique Saint Jean de Latran : « Mes bons parents étaient derrière moi, versant des larmes sans fin, dit-il. Mon père ne sut pas manger ce jour-là. Les impressions de l’ordination ne sauraient se rendre. Je me relevais prêtre possédé de Jésus, tout rempli de lui-même, de son amour pour son père, de son zèle pour les âmes, de son esprit de prière et de sacrifice…ce fut la meilleure journée de ma vie »[1]. Dès ses premières  années de ministère à Saint-Quentin, où il est affecté comme 7eme vicaire de la cathédrale , il assiste à une crise sociale qui l’intrigue jusqu’au profondeurs de son âme : le chômage prend de l’empileur, les ouvriers subissent des injustices orchestrées par les patrons d’entreprises : « Des horaires de travail démesurés, un travail dur ; dans les filatures les conditions inhumaines et désastreuses pour la santé, la promiscuité des sexes ; l’immoralité…on travail le dimanche, on boit le lundi, le mardi et souvent le mercredi. Les cabarets sont fréquentés même par les jeunes de quinze ans. »[2] Tel est le constat du Père Dehon. Face à ce malaise qui ronge la société, le père Dehon encore appelé « apôtre social », animé par un zèle remarquable qui l’accompagnera jusqu’à la lie de ses jours, se prononce : « Il manque à Saint-Quentin comme moyens d’action, un collège ecclésiastique, un patronage et un journal catholique »[3]. À cet effet, il lia la parole à l’action en créant le patronage de Saint-Joseph pour encadrer les enfants de la rue, l’institut Saint-Jean pour offrir une formation spirituel et intellectuel au jeunes, le cercle religieux des étudiants chrétiens, la commission justice et paix, et la congrégation des oblats de Jésus qui plus tard deviendra la « la congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus ». Ces œuvres sociales ont sans doute contribué considérablement à la restauration de la justice et de la paix dans la société. En outre, quelques années plus tard, vint la première guerre mondiale. En plus des œuvres suscitées ; le père Dehon a une congrégation qui incombe sa responsabilité. Ainsi, il faut penser à la fois à ses religieux qui sont loin de lui et aux réfugiés allemands qui frappent à la porte de la maison Sacré-Cœur. En dépit de ses multiples occupations et de sa santé fragile, rien ne l’empêcha d’assurer un accueil chaleureux aux réfugiés. Sans discrimination, sans xénophobie, il leur assura un bon séjour jusqu’à la fin du trouble. Un acte on ne peut plus rare dans la société de son temps, mût par un vif sentiment de méfiance. Toutefois, lorsque nous jetons un regard objectif dans notre société d’aujourd’hui en particulier notre province, nous constatons qu’elle n’est pas très différente de celle de l’époque du Père Dehon. Le même malaise resurgit : les droits de l’homme sont bafoués, la condition ouvrière est alarmante, la prostitution prend de l’ampleur, le grand banditisme s’accroit, le tribalisme se féconde et le chômage prend du galon. Eu égard à cela on n’a bien envie de dire comme le père Dehon que « Dieu manque à notre société ».  Pour couronner, à côté de ce désordre, vient s’ajouter la crise socio-politique (cas du Cameroun). Dès lors s’impose d’urgence au Dehonien contemporain qui est appelé à continuer l’œuvre du Père Dehon un défi ;   la nécessité d’agir.  Alors, comment le Dehonien d’aujourd’hui peut-il promouvoir la paix et restaurer la justice dans la société aujourd’hui en s’inspirant des œuvres du père Jean Léon DEHON ? Tel est interrogation qui orientera notre réflexion au cours de ce travail.

[1] André Perroux, Père DEHON, qui êtes-vous ?  Centro Generale Studi SCJ. Roma 2005. Page 49

[2] Ibidem page 62

[3] Idem page 63

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