Théologie du laïcat au Cameroun entre passé et avenir

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Les laïcs constituent les membres de l’Eglise les plus nombreux. Sans eux, l’Eglise ne saurait se faire, même si pendant longtemps, ils ont été peu valorisés. Dans l’Eglise antique beaucoup de laïcs comme Tertullien, Origène, pour ne citer que les Africains, ont beaucoup contribué à la réflexion, au raffinement du lexique et du vocabulaire théologique. La vie consacrée dans l’Eglise a été au départ une initiative des laïcs. Par la suite, les laïcs ont été réduits au silence par une domination des clercs dans le domaine théologique et les autres innovations dans l’Eglise. Pendant longtemps aucune réflexion sur leur vocation dans l’Eglise n’a émergé, sans compter qu’ils ont toujours été définis au négatif comme ceux qui ne sont pas clercs et ne sont pas moines. Heureusement qu’au XXe siècle, des théologiens comme Yves Congar, Edward Schillbeckx, Karl Rahner, Jean Leclerq… ont engagé des réflexions sur la vocation et le rôle des laïcs dans l’Eglise. Ces réflexions pousseront le Concile Vatican II à développer une théologie laïcale et à encourager l’Eglise à porter  un intérêt sur ses membres dont on a longtemps pensé à tort qu’ils sont une catégorie de fidèles de second ordre en son sein. Jusqu’aujourd’hui, on continue de désigner les membres du clergé par le terme, hommes d’Eglise, comme si les laïcs n’étaient pas aussi de cette même Eglise. Nous voulons dans cet article traiter de la théologie du laïcat au Cameroun entre le passé et l’avenir. Il est à noter que les grandes figures qui ont développé sur le laïcat au Cameroun sont surtout les Pères du Vatican II. Ils ont, en quelque sorte, prolongé l’enseignement du Concile en le contextualisant. Nous commencerons par présenter succinctement la théologie laïcale du Concile, puis, nous scruterons dans les écrits ou la prédication de deux de ces Pères conciliaires du Cameroun cette théologie du laïcat, tout en prévenant le lecteur que nous n’épuisons pas l’immense production des Camerounais sur les laïcs. Leurs pensées nous serviront d’échantillon pour comprendre comment la question a été débattue dans leur temps, autrement dit, dans l’Eglise camerounaise postconciliaire. Vingt deux ans après le Concile, un synode sur les laïcs a été convoqué à Rome et a donné l’occasion d’enrichir encore la théologie du laïcat dans les Eglises particulières. Nous verrons aussi l’impact de cette théologie sur la prédication de Mgr André Wouking qui y a pris part. Nous terminerons par examiner les possibles pistes du futur de la théologie du laïcat au Cameroun.

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