« On ne combat pas la drogue par la drogue ! »

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C’est par cette parole que le Pape François a exprimé son dédain sur l’utilisation des drogues dites de substitution pour remédier à l’addiction des toxicomanes en recevant les participants de la conférence internationale annuelle contre les trafics de stupéfiants, International Drug Enforcement Conference, le vendredi 20 juin 2014.

En effet, le danger le plus à craindre dans la consommation des drogues à l’exemple de la cocaïne, du cannabis, de l’héroïne et autres est le phénomène d’addiction que cela peut créer chez le consommateur. Le phénomène d’addiction qui est compris comme la dépendance d’un sujet à l’égard d’une drogue, nait de la consommation régulière ou constante d’une substance qui en fait influence l’activité du cerveau et modifie les perceptions et les comportements de l’individu. Parmi les drogues nous distinguons des drogues permises et des interdites : le tabac et l’alcool (comme boisson) sont par nature des drogues mais permises en société ; la cocaïne, du cannabis, de l’héroïne et bien d’autres sont celles interdites. Toutes ces drogues permises ou interdites produisent sur leurs consommateurs des effets euphorisantes, hallucinogènes (plus indésirables) ou stimulantes. Ces effets provoqués par la consommation régulière conduisent le sujet, le toxicomane, vers une dépendance psychologique et même physique.

Aujourd’hui, la société tente de remédier à ce phénomène de dépendance du toxicomane à l’égard de la drogue en proposant des solutions artificielles qui en elles-mêmes sont insuffisantes et peut-être contre-productives. Le Pape François dans son discours cité ci-dessus parle des « drogues de substitutions » comme des solutions insuffisantes pour délivrer le toxicomane de son addiction. Les drogues de substitution sont des stupéfiants proposés au toxicomane à la place de la drogue auquel il est addicté ayant pour objectif soit de procurer des sensations de plaisir, soit de prévenir l’apparition des effets désagréables suite à l’arrêt de consommation de celle à laquelle il est addicté. Les drogues de substitutions les plus utilisés sont des analgésiques, des antidépresseurs, des tranquillisants… (Cf. Daniel F. Cousineau et M. Hélène Gariépy, Les drogues de substitution, 2000).

Pour le Pape François, les drogues de substitutions ne sont pas en vérité « une thérapie adéquate mais plutôt un moyen voilé de baisser la garde devant le phénomène » (Discours aux participants à la 31e Edition de l’« International Drug Enforcement Conference » Salle Clémentine, 20/06/14.) L’objectif visé par substitution est sans doute de proposer une porte de sortie de la dépendance au toxicomane ; mais celui-ci se voit être soumis à un autre type de drogue aux effets considérables. Cela va sans dire que le toxicomane devient non plus dépendant de la drogue initialement consommé mais plutôt dépendant du stupéfiant qui le soutient artificiellement.

Au regard du phénomène d’addiction physique ou psychologique du toxicomane, la solution la plus encourageable est celle qui est la plus humaine possible et non artificielle. La drogue comme l’alcoolisme est un mal avec lequel il ne peut y avoir de compromis. La solution à l’addiction du toxicomane viendra de son effort personnel et de l’accompagnement d’un tiers dans une forte volonté personnelle de changer. L’engagement sociale de l’Eglise auprès ces jeunes et adultes qui sont tombés dans la spirale de la drogue est, comme l’explique le Pape, pour un accompagnement à leur faire « redécouvrir leur dignité, en les aidant à faire ressusciter les ressources, les talents personnels que la drogue avait enterrés mais qu’elle ne pouvait pas effacer… » (Cf. Idem)

Outre l’assistance apportée à ces personnes blessées par la dépendance à la drogue, notre société devrait s’incliner davantage vers la prévention de la jeunesse contre la consommation des stupéfiants et de l’alcool.  Le plus souvent en Afrique comme ailleurs, la consommation des drogues est provoquée par une dépression, un échec de la vie, un manque d’horizon, un désespoir ou une mauvaise compagnie. Les voies de la prévention des drogues sont l’éducation, une éducation au discernement et à la vie saine, l’occupation quotidienne et l’ouverture à l’autre.

L’exemple des personnes jeunes ou adultes qui se sont libérés de l’addiction à la drogue par la solution humaine et non artificielle avec des drogues de substitutions comme nous l’avons présenté, s’efforcent au quotidien à reconstruire leur vie dans un nouvel élan pour être heureux. Ils sont un stimulant pour ceux qui peinent encore sous ce joug destructeur. Faire ce pas déterminant pour le Pape François, c’est dire oui à la vie, oui à l’amour avec les autres dans une vie saine et fructueuse (Cf. Idem).

Idriss D. Fotié, scj